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Alain Kirili, Ancestral aujourd’hui

Alain Kirili est un artiste contemporain français né à Paris en 1946. Il partage sa vie entre Paris et New York. Son œuvre est celle de la verticalité et du modelé. Alain Kirili cherche à partager de l’incarné dans une esthétique de la spontanéité. Il est exposé dans de nombreux musées dans le monde.

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Alain Kirili pendant l’installation de Rythmes d’Automne à l’Hôtel de Ville

Le Temps Imaginaire  : Vous allez exposer cette année à Antibes, à la galerie Akira Ikeda de Berlin, sur le parvis de l’hôtel de ville. On peut dire que votre actualité est chargée. Vous considérez-vous comme actuel ?

Alain Kirili  : Tout de suite non. Je me considère exactement comme ce que dit Nietzsche, comme étant profondément inactuel. Pour ma part, j’associe l’actualité à une idéologie assez dominante de pulsion de mort et de désenchantement qui va avec un certain sociologisme. D’autre part, je l’associe avec une menace constante d’infantilisation de l’art et de l’amateur d’art. Voilà l’idéologie du pouvoir. Que ce soit celui de l’Etat, particulièrement en France, ou celui de l’argent, on voit bien qu’ils adorent le titillement jeuniste associé à une idée qui touche ce point essentiel auquel je suis très attentif : le kitsch.

Le Temps Imaginaire  : Pouvez-vous nous en dire plus à propos du kitsch ?

Alain Kirili  : Ce mot est très important. Il est étudié dans une conférence de Hermann Broch à propos du kitsch en 1950 , extraordinaire, ça n’a pas pris une ride. Il évoque qu’il ne faut pas prendre à la légère la représentation du kitsch dans l’art ; que ce soit pour la musique, pour la littérature ou pour les arts visuels. Il dit attention, derrière l’œuvre kitsch il y un homme kitsch ; et, derrière un homme kitsch il y une politique kitsch ainsi qu’une société kitsch. Donc, le kitsch, il l’associe au fascisme et à tous les dangers qu’il représente.

Or, quand on voit aujourd’hui, ces titillements pseudo-érotiques, lisses et bien polis… Cette sculpture transmet une image aseptisée de la sexualité ou de sa représentation. On flirte avec des notions stérilisées bien loin du corps vivant. J’ai l’impression qu’on donne de la crédibilité à la démarche intellectuelle et à la démarche artistique que si elles rejoignent cette tendance de la négativité. Michel Blazy par exemple, cet artiste dont l’œuvre en son noyau est une activité de pollution, de parasitage de l’art précédant, de l’art du patrimoine, c’est vraiment… et que ça puisse amuser l’institution… c’est vraiment une question que je me pose.

Le Temps Imaginaire  : Y a-t-il eu d’autres exemples de cette tendance ces dernières années ?

Alain Kirili  : On a pu le voir chez Cindy Sherman au niveau photographique . Aussi, au niveau de la sculpture, l’artiste archi-adulé qu’est Jeff Koons. C’est quand même étonnant que l’institution le célèbre. C’est révélateur.

C’est par opposition à cette tendance que je suis « inactuel ». Je fais des efforts depuis longtemps pour aller vers la joie et la jouissance.

Le Temps Imaginaire  : Quelles sont les traces vivantes de la jouissance qui existent encore aujourd’hui ?

Alain Kirili  : Heureusement, elles existent chez un certain nombre d’intellectuels et d’artistes. Elle est flagrante dans l’œuvre littéraire de Sollers et de Pierre Guyotat en France ; aux Etats-Unis, dans l’œuvre de Philippe Roth, et précédemment dans celle de James Joyce. Chez les noirs américains aussi, particulièrement dans le free jazz. Ca y va ! Le corps est en jouissance ! Le rythme passe dans l’incarnation ! Il y a là quelque chose qui est peut-être le mot crucial pour moi qui relie et qui a fait qu’il n’y a plus de différence, plus de séparation entre les disciplines. Qu’on soit écrivain, danseur, danseuse, musicien ou sculpteur, si on partage de l’incarné, c’est bienvenu.

Le Temps Imaginaire  : A la lecture de vos écrits, cette recherche de la jouissance, contre les dominants, peut être considérée comme une résistance. Comment peut-on résister concrètement ?

Alain Kirili  : Je pense qu’on résiste en ayant, une disposition inoxydable au plaisir. Qu’on ne se laisse jamais piéger par une culpabilité qui consisterait à dire « qu’économiquement la situation… », ou que « la situation internationale est… », « qu’il y a la guerre… » ; et bien non, même au milieu d’un carnage on protège le principe de plaisir. Je tiens à souligner qu’on doit être sans culpabilité parce qu’on est toujours minoritaire à toutes les époques quand on défend la jouissance du corps. J’insistais souvent dans des conversations que j’avais avec Philippe Sollers : Moi en tant qu’artiste, je suis tranquille, parce que ce n’est jamais un bon moment pour créer (Rires) !

On vous écrase tous les jours de négativité dans la presse, dans les news et donc, il faut que je puisse trouver des modèles, des références qui vont me stimuler et me porter en avant que ce soit dans le monde de l’art ou dans d’autres disciplines.

Le Temps Imaginaire  : Qui sont-ils pour le monde de l’art ?

Alain Kirili  : Un bon exemple est pour moi Claude Monet. Le chef-d’œuvre que sont les Nymphéas : deux tableaux de 360°, c’est monumental. C’est un temple à la jouissance et au plaisir méditatif. Quand on voit ces tableaux, on peut se dire : que la France était merveilleuse à cette époque là… Pas du tout. Ces tableaux se sont fait pendant la première guerre mondiale. Plus Monet avait des nouvelles du carnage des tranchées, plus il agrandissait ses tableaux. A lui tout seul, il représentait des pulsions de vie face à l’immensité des pulsions de mort dans lesquelles les sociétés européennes étaient plongées : Ces Nymphéas sont une victoire absolue sur Thanatos.

Il est très important de souligner qu’il n’etait pas un artiste dans sa tour d’ivoire. Il était branché CNN ! Clémenceau venait le visiter régulièrement à Giverny et le tenait au courant de ce qui se passait. Claude Monet était donc un artiste très informé ; et il faisait néanmoins ses Nymphéas. Son œuvre est profondément anti sociologique.

Le Temps Imaginaire  : Est-ce que celui qui irait voir les Nymphéas sans plus d’information que son envie de les voir pourrait remarquer cette résistance directement ?

Alain Kirili  : Oui, tout à fait. Rien que par le nom que choisit Monet. Nymphéas au lieu de nénuphar. C’est une sorte d’allusion cryptique à Nymphe, les lèvres vaginales. La fleur est elle-même connectée au corps de la femme.

A cela je peux vous ajouter que j’ai eu une très heureuse expérience avec une charmante jeune chinoise, qui faisait un doctorat sur Tel Quel, et qui était venu me visiter. Elle était passionnante. Je lui ai dit que c’est impressionnant de voir quelqu’un qui arrive de Pékin et qui sait tant de choses sur la littérature contemporaine et Tel Quel. Je l’ai invité à visiter l’Orangerie où j’exposais alors . Une fois là-bas, en regardant les Nymphéas, je lui ai demandé si en venant de Chine, soit le pays des nénuphars, elle avait quelque chose à me dire sur ces tableaux. Elle m’a dit « Alain c’est invraisemblable, il est certain que Monet ne le savait pas mais chez nous, en Chine, la rue des nénuphars : c’est la rue des bordels. Révélation géniale. C’était tellement important ce qu’elle me disait. Je lui ai dit, vous savez, si vous ne me l’écrivez pas dans une lettre je vais vous piquer l’idée. Je ne me souviendrai pas de la source. Alors elle m’a écrit la lettre et je l’ai mis dans une vitrine de mon exposition.

Aussi, quand on s’approche du tableau on voit bien que le pinceau de Monet est violent. Cela va au-delà de l’impressionnisme, c’est postimpressioniste. Claude Monet ouvre l’art moderne, il annonce Jackson Pollock d’une certaine façon. Il a un peu plus de 60 ans quand il commence cette danse dionysiaque. Il prend ses pinceaux, il court avec ses pinceaux, attaque la toile avec une telle violence que parfois on voit des traces du châssis apparaitre. C’est dionysiaque, tumultueux ; et pas du tout apollinien.

Le Temps Imaginaire  : Et qu’en est-il pour vos référents en dehors du monde de l’art ?

Alain Kirili  : J’admire beaucoup Salman Rushdie et Talisma Nasreen. J’admire aussi, et c’est peut-être ma favorite, Ayaan Hirsi Ali. Elle a écrit deux ou trois livres contre le mariage imposé, est devenue député à 25 ans, étant somalienne en Hollande. Cette femme a fait un film pour vraiment défendre la jouissance et la vie du corps par rapport à l’islam. Ce film qu’elle a réalisé avec Théo van Gogh a mené à l’assassinat de ce M. Van Gogh. Elle a dû faire face à une fatwa. Ce sont des gens qui vivent de façon extrêmement dangereuse pour leurs écrits, accompagnés de leurs éditeurs. Ce sont les héros de notre temps. Quand on est à nous dire quelle mauvaise époque nous vivons… Je réponds non ; il y a des gens extraordinaires. ! Ce serait insultant d’oublier qu’ils existent et c’est à nous d’avoir un regard, de ce dire, pourquoi je ne vais pas les rencontrer ? Pourquoi je ne fais pas alliance ? Pourquoi je ne fais pas alliance dans cette lutte que nous devons mener contre le somnambulisme ?

Je peux ajouter que j’ai eu le privilège de rencontrer des résistantes et des résistants de la seconde guerre mondiale. Ce qui est impressionnant quand on rencontre ces femmes et ces hommes, c’est qu’ils étaient ultra-minoritaires en 1940, et ils sont ultra-minoritaires aujourd’hui aussi. Ils ont approximativement 85 ans aujourd’hui et me disent :

« Alain nous sommes toujours dans la résistance ! Nous, on n’était pas dans la résistance contre les allemands. Nous étions dans la résistance contre les nazis et de tout ce qui va à l’encontre de la justice. Nous sommes donc dans la résistance aujourd’hui encore contre la justice sociale et les abus de certains pouvoirs. »
Quand on rencontre ces hommes et ces femmes, et particulièrement les femmes, on voit même dans leur allure physique un désir de vivre, un désir de séduire, quand elles ont su que je voulais les rencontrer. Elles avaient mis des jupes… du rouge à lèvres… des chaussures à talons… Attends c’est du sérieux. (Rires). Elles m’ont dit quelque chose qui m’a touché : « Vous en tant qu’artiste on sait que vous êtes dans la résistance. »

Le Temps Imaginaire  : Mais est-ce que ces traits étaient communs à toute la résistance ?

Alain Kirili  : Je peux vous dire que le texte du Comité National de la Résistance précise qu’il faut créer un ministère de la culture. C’étaient des gens qui zigouillaient des nazis, qui sauvaient des résistants, des juifs… Et qu’ils rédigeaient au même moment ce qu’il faudrait absolument réaliser après la guerre, par exemple créer un ministère de la culture ! Ils surveillent toujours les gouvernements et les forces néfastes d’aujourd’hui tel que le milieu financier par exemple. Il y a une phrase du Comité National de la Résistance, que j’ai adoptée et qui est très importante : « La création est un acte de résistance et la résistance est un acte de création. » C’est splendide.

Le Temps Imaginaire  : Est-ce grâce à ces référents et à ces références que vous réussissez à faire votre œuvre ?

Alain Kirili  : Je vous le dis franchement, je peux créer ma sculpture, qu’en ayant des sources d’inspirations qui me viennent souvent de tout ce qui résistent et sont dans l’opposition par principe. Ca me donne une pêche pas possible. Elle n’est pas due juste à ma nature profonde, ma nature profonde y contribue, mais je suis obligé de l’articuler sur une lucidité de ce qui se passe.

Le Temps Imaginaire  : Pourriez-vous nous expliquer comment vous avez résisté personnellement ? Pouvez-vous nous donner des exemples ?

Alain Kirili  : Par exemple, j’ai personnellement dédié une exposition à l’artiste chinois Ai Weiwei, qui venait d’être arrêté mis en prison à Pékin . A une échelle différente pour ma sculpture Rythme d’Automne sur le parvis de l’hôtel de ville. Le parvis est gigantesque ! J’ai bien fait attention à utiliser des matériaux qui ne soient pas en confrontation avec le public, pour que ça puisse s’intégrer à un mode de vie et qu’il n’y ait pas de dégradation de l’œuvre. Mais quand j’ai du parler avec l’administration, il y a eu un problème. Je suis totalement dans l’improvisation et eux pas du tout. (Rires). Donc hic. Un sérieux hic.

« Non, on ne peut pas remettre au maire ce projet … nous on ne peut pas gérer un projet sur lequel il n’y a pas un plan, un positionnement…Il faut établir un coût, il faut qu’on sache combien de temps ça va mettre… »
Il a fallut que, sans les prendre frontalement, que je les associe au plaisir de faire vivre quelque chose dans l’instant. « Célébrons la vie, la vie dans l’instant, à la seconde. » Tout à coup, ça les a interpellé. Ca a convoqué chez eux, toutes les forces de vie possibles (rires) ; et, tout à coup … on y est arrivé. J’ai donc libéré des pulsions et j’ai pu installer l’œuvre en moins de 2 heures. Non seulement on a mis quelques dizaines de tonnes avec les éléments, mais on a mis 90 tonnes de gravier après. Il y a eu un geste inattendu parce que c’est en sculpture. On pouvait très bien imaginer qu’on pouvait le faire avec des jets de peinture ou d’encres, mais pouvoir le faire avec je ne sais pas combien de dizaines de tonnes, c’est assez inattendu mais c’est bien ce qui c’est produit. Je veux dire donc, qu’il y a un grand enjeu, et ce grand enjeu qui remonte à loin a été réalisable grâce, oui, a des outils du XXIème siècle. Par exemple, des appareils de levage qu’on appelle des fenwicks qui permettent de jouer avec tellement de facilité avec les éléments de la sculpture. Ca m’a donné cette liberté d’agir spontanément et de sculpter de l’improvisation avec 200 tonnes quand même. Donc un geste de 200 tonnes, c’est une vraie question (rires).

Le Temps Imaginaire  : Cette façon de résister avec une œuvre minérale, de travailler avec un matériau immémorial, on a envie de dire que c’est ancestral…

Alain Kirili  : J’aime bien d’instinct, utiliser des matériaux qui vont au-delà du temps historique, je m’intéresse à la préhistoire. D’ailleurs, récemment je suis retourné à Carnac pour me ressourcer avant l’exposition Rythme d’Automne. Carnac c’est 300 pierres et là, on est dans un temps immémorial, un temps préhistorique, néolithique. Ces 300 pierres font 15, 20 voire plus de 30 tonnes et sont dans un alignement répétitif. Elles ont été basculé pour se tenir droites. C’est extraordinaire, parce que c’est un acte universel. En effet, au même moment cela s’est passé sur toute la planète. En Afrique, dans les profondeurs de la Russie et en France, à Carnac, l’ensemble le plus étonnant. C’est une sorte de Lascaux de la sculpture en quelques sortes. L’aspect solennel de dresser une pierre de 10 ou 20 tonnes, dresser le poids… Il y a un aspect solennel, il y a un aspect du désir de monter. On ne peut qu’imaginer que cette verticalité est liée à un évènement énorme exprimé par la sculpture, qui est celui de l’homme qui va tenir debout et de sa connotation sexuelle.

Le Temps Imaginaire  : Une fois de plus ce sont de grandes références, on ne connait pas le nom des artistes mais se sont des grands référents. On pourrait dire que vous dialoguez avec ceux qui vous précèdent. Mais, imaginez-vous le dialogue que ceux qui vous suivent pourront avoir avec vous ?

Alain Kirili  : Absolument. J’ai rencontré quand j’étais à New York une danseuse française, Sandra Abouav Quand elle est venue à New York elle est venue danser dans mon atelier. J’ai été séduit. Il y avait du corps, et ça n’était pas du tout la tendance de la non-danse qui mine le monde de la danse aujourd’hui. Pas du tout quelque chose où vous allez uniquement marcher. Elle garde une mémoire de l’histoire de la chorégraphie, de l’histoire de la danse dans certains gestes ; et elle les fait vivre à travers un vocabulaire d’aujourd’hui. On s’est promis de se revoir. Elle est venue dans mon atelier à Paris. Elle a improvisé avec le flûtiste Jérôme Bourdellon que je lui ai présenté. Elle m’a fait comprendre que la chorégraphie pour elle, c’était aussi de pouvoir danser dans des lieux imprévisibles. Je lui ai proposé de venir improviser pendant que j’installais ma sculpture à l’hôtel de ville en la prévenant qu’il y aurait du bruit, des pelleteuses et des difficultés pour elle. Elle a préparé cette improvisation en allant à Gennevilliers où était le stockage du gravier pour voir comment ses pas résistaient au matériau et voir la couleur de la pierre pour commander une robe qui s’accorde. Le jour de l’installation, nous avons dialogué à trois, trois improvisations, Sandra, Jérôme Bourdellon et moi. Ca a été un défi parce que je me demandais si je n’allais pas être distrait. Mais en fait, ça a magnifiquement marché ! C’était vraiment extraordinaire ! Elle a dansé en utilisant un espace extérieur où il y avait le bruit des râteaux, des ratissages, les pelleteuses, les grues. Elle le gérait comme une stimulation. J’ai adoré cet échange inattendue et spontané.

Le Temps Imaginaire  : Y a-t-il d’autres exemples de dialogue avec des jeunes qui vous suivent ?

Alain Kirili  : Oui. Prochainement, je ferai un projet avec un écrivain qui lui aussi est de la nouvelle génération. Il s’appelle Yannick Haenel. Il a écrit le livre « Jan Karski, Editions Gallimard 2009 ». Il est très amateur d’art. Il a écrit un très beau texte sur les photos d’Ariane. Il m’a dit qu’il voulait écrire aussi un texte sur mes sculptures et la relation d’Ariane et de moi en tant qu’artistes. Donc quelqu’un comme lui m’intéresse aussi. D’abord, parce que c’est un excellent écrivain. Ensuite, parce qu’il incarne la première génération qui n’a rien connu de la guerre. Donc, il traite de ces années quarante en étant pas du tout contemporain de cette époque là ; et ce n’est pas une mince affaire ! Avant, ceux qui le faisaient, avaient une connexion ; ce n’est plus le cas. Cela pose des problèmes à certains et Yannick a d’ailleurs eu un conflit avec Claude Lanzmann. Ce dernier se voit trop le détenteur absolu de la vérité de l’époque, pour l’avoir vécue, étudier et en avoir fait un film aussi extraordinaire que Shoah. Mais en même temps c’est positif que l’histoire soit perpétuée et repensée par des artistes, et des écrivains avec l’aide de la fiction. Evidemment ça fait polémique mais ça vaut le coup, ça bouscule les clichés. La création est toujours une effraction.

Octobre 2012 - Entretien réalisé par Adrien Monat et Louis Vitalis

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Hommage à Charlie Parker - Alain Kirili